
Le cabinet bruxellois adn architectures a reçu en 2008 la commande d’un particulier pour la construction de leur foyer familiale avec une considération environnementale mais également une proposition atypique. Situé dans le village de Walhain entre Bruxelles et Namur, les architectes ont expérimentés la dualité d’espaces ouverts et fermés dans une volumétrie réglementaire.
© Filip Dujardin
Dans l’organisation de l’habitation, les architectes ont évidemment cherché a bien orienté les pièces, mais ce qui m’a surpris au premier regard est le désaxement de la maison par rapport à la voirie. David Henquinet, cofondateur d’adn architectures me répond : « L’implantation de la maison s’est dès lors placée parfaitement parallèle à la parcelle, elle-même bien orientée. De là, nous acceptions l’idée de n’être plus parallèle à la voirie publique. En outre, les maisons en face n’étant pas parallèles à la voirie, ceci nous a réconforté dans cette idée de désaxement, notre projet n’étant pas le seul dans ce cas de figure ». Il en résulte une salle à manger éclairée par une fenêtre haute triangulaire et des chambres à l’est. Le cœur de la maison bénéficie lui d’une large baie sur la façade sud côté rue.
© Filip Dujardin
Le dictat local d’urbanisme incite la production de maison de catalogue. Dès lors les architectes ont essayé d’articuler les différents volumes en respectant la pente de toitures, la hauteur de corniche, la hauteur de toiture, le matériau de façade (brique) et sa teinte… Pour cela, les architectes ont suivis les méthodes du déconstructivisme. David Henquinet ajoute : « Peut-être que cette “déconstruction” des espaces, cette propension à décliner la “diagonale” sous plusieurs angles était un moyen que trouvions intéressant pour aller au-delà des règles strictes imposées par une administration, pour proposer des espaces particuliers, personnalisés à chaque fonction tout en étant très ouvert, pour proposer des espaces que trouvions agréables en opposition à des espaces euclidiens cloisonnés avec de petites baies comme on peut en trouver dans ces maisons “clé sur porte” «.

L’entrée de la maison est dissimulée derrière un mur de brique qui préserve l’intimité des résidents et permet d’ouvrir une large baie au sud. Cet espace qui se prête volontiers à une terrasse d’été créé un espace tampon entre le domaine public et la sphère privée de la vie intérieure. La discrétion continue dans les ouvertures avec un voilage de brique sur les parties avant de la maison. Elle continuera dans le temps à travers un palissage végétale : « La palissade qui devrait avec le temps être végétalisée est une imposition de l’administration qui souhaitait (espérait) avec cet artifice cacher un peu la vue sur cette horrible façade aveugle … Nous laissons le commun des mortels juger la pertinence de cette acte. Quelque part, rendre la façade à rue aveugle comme elle est actuellement fut une réponse à un règlement de lotissement absurde qui impose que le bâtiment soit implanté uniquement à cet endroit à front de voirie. C’est une réponse parmi d’autres, c’est notre réponse à cette époque … » dit-il et conclue par : « A l’extérieur ou à l’intérieur, il y a eu cette volonté de composition de pleins et de vides. C’est ce balancement entre deux éléments qui font l’architecture (puisque l’espace n’est fait que de plein et de vide) qui ont été au centre de la réflexion. C’est ce rapport entre ces deux “forces” qui nous ont conduit à proposer ces espaces et cette allure extérieure, entre tensions des lignes et équilibre des volumes ».
© adn architectures
Du point de vue constructif, le bâtiment repose sur une trame de pieux qui résulte de la présence d’une nappe phréatique. Le bâtiment est isolé par l’extérieur avec 12 cm de laine de roche, les voiles sont en briques de 19 cm, la façade est terminée par un parement en brique standard.

- Maître d’œuvre : adn architectures
- Maître d’ouvrage : particulier
- Localisation : Walhain, Belgique
- Date d’étude : 2008
- Date de livraison : 2011
- Surface : 350 m²
- Photographe : Filip Dujardin