Autrefois alimenté en charbon, le site qui a vu sa cokerie fermée en février 2002 est à présent converti en parc pédagogique avec les dessins de l’agence ilex. Le pavillon d’accueil a été confié à l’agence d’architecture Tectoniques qui nous le présente.

Un territoire de bravoure
Après un appel à idées, adressé aux riverains, la Maison de l’Environnement et du Développement Durable de la Communauté d’Agglomération d’Hénin-Carvin adopte le nom d’Aquaterra. L’équipement est au coeur d’un grand parc implanté sur le site de l’ancienne cokerie de Drocourt. Créée en 1925, elle fut l’une des plus grande usine de production de coke d’Europe. Suite aux évolutions industrielles du charbon et de l’acier à la fin du 20éme siècle, l’usine ferme définitivement en 2002.
L’ensemble des aménagements a été rapidement démoli pour ne garder qu’une grande plateforme et des terrils. Le sol, marqué et pollué, et les terrils, montagnes et collines formées de masses inertes mais emblématiques dans ce plat pays, constituent les seuls reliefs visibles au lointain. Aujourd’hui, architectes et paysagistes ont un devoir de mémoire et de restitution, sans accroches physiques avec les anciennes activités. Pour échapper à la muséification, ce territoire doit retrouver une nouvelle vocation. C’est l’écologie qui est convoquée pour réconcilier les habitants avec un lieu tombé en désamour. Bâtiment outil, Aquaterra a la vocation de sensibiliser ses visiteurs aux questions environnementales.

Les architectes l’ont conçu comme un projet démonstratif, une expérimentation à l’échelle un. Labéllisé Minergie®, il rassemble, derrière son originale peau de briques de bois et sa forme de lentille, tous les dispositifs énergétiques garants de bonnes pratiques et de confort.
Bâtiment outil
Aquaterra est un outil de pédagogie et de sensibilisation des publics locaux, en particulier les scolaires, sur toutes les questions environnementales et la vulgarisation des comportements : tri des déchets, habitat durable, énergie grise. Un volet très important est consacré au dérèglement climatique avec comme illustration spectaculaire la floraison de graines et d’essences exotiques accélérée par les sols chauds des terrils. Le contraste entre terres noires et plantes exotiques crée une scénographie extraordinaire en plus d’une action naturelle de dépollution.

Des choix constructifs qui font appel à la mémoire industrielle du site et valorisent les matériaux bio-sourcés
Du point de vue constructif, le bâtiment est conçu entièrement en filière sèche, collaborative mixte bois-métal, et s’inspire d’éléments existants sur le site : les grands portiques déployés sur de longues lignes qui formaient la structure du paysage industriel. Inspiré par cette disposition, le projet est bâti à partir de trois lignes de portiques métalliques constitués de profils industriels standards. La structure secondaire est formée par des caissons bois, garnis et isolés en bottes de paille, pour les façades et la toiture. La volonté d’utiliser des matériaux bio-sourcés a conduit logiquement à privilégier le bois (pour la structure, les finitions intérieures et les habillages de façades), associé à un isolant d’origine végétale, produit en circuit court. La forme ovale est construite sans éléments courbes, trop coûteux, mais avec une succession de petits éléments plats réglés sur des trames de faibles dimensions. L’habillage des façades est réalisé avec un matériau inédit qui renvoie à la mémoire collective : la brique de bois. Les briques sont fixées sur une armature de tiges métalliques. Le bois est un douglas rétifié et stabilisé.

Label Minergie®
Le bâtiment qui accueille la maison de l’environnement se doit d’être exemplaire du point de vue de son empreinte écologique. Il est compact et bien isolé. Il profite des bonnes orientations sud, tout en étant protégé par une casquette dont les débords variables assurent protection solaire et abri des façades. La lumière naturelle est distribuée dans toute son épaisseur grâce aux sheds de toiture, qui servent également à la ventilation et au renouvellement d’air. Le toit, considéré comme une cinquième façade pédagogique, visible de toute part, est plantée d’une végétalisation extensive et supporte des panneaux photovoltaïques. L’eau de pluie est récupérée dans des citernes pour l’arrosage des serres et les cuves des toilettes. La qualité de l’air intérieur maîtrisée grâce à une centrale de ventilation double flux. Une chaudière bois à granulats assure le confort d’hiver. Deux éoliennes viendront compléter la production d’énergie.
- Maître d’œuvre : Tectoniques
- Maître d’ouvrage : Communauté d’Agglomération Hénin Carvin – CAHC
- Localisation : Drocourt, 62, France
- Économistes : Tectoniques
- Paysagistes : Ilex [paysage urbanisme]
- BET structure bois : Arborescence
- BET fluides et HQE : Indiggo
- BET VRD : Maning
- Bureau de contrôle : Véritas
- OPC : Egis Bâtiment Management
- SPS : Dekra
- SHON : 953 m²
- Budget : 2 000 000 € H.T.
- Photographe : Julien Lanno















