
Ce projet de réhabilitation s’est élaboré à partir d’une analyse du bâtiment actuel au regard des objectifs du programme. La Maison de la Batellerie s’intègre dans un ensemble de bâtiments qui forme une façade urbaine sur la Seine. L’implantation stratégique de cette « Maison » entre Seine et quai, offre des vues exceptionnelles, mais différentes transformations ont supprimé cette perméabilité. De plus en 1970, une surélévation de la salle de bourse a été réalisée par un « pastiche » de tôles nervurées imitant la façade béton. Cet ajout rend « lourd et massif » le volume en excroissance.
Notre projet consiste à retrouver le concept d’origine des frères Arsène Henry « traité dans un esprit de dépouillement et de simplicité » qui retrouve la transparence. Nous proposons une nouvelle alliance entre patrimoine et modernité réalisée par la suppression de toutes les interventions « pastiches » remplacer par une nouvelle peau transparente qui éclairera le paysage de la Seine comme une « lanterne magique ».

L’organisation fonctionnelle propose un nouveau hall traversant du rez-de-chaussée est le « hub » central des interactions de ce bâtiment, qui permet d’accéder à un escalier-ascenseur qui dessert les 6 plateaux de bureaux ainsi que la salle de conférence.
Libres de toutes contingences techniques, les plateaux de bureaux sont de grands espaces d’environ 300 m2. Les sanitaires et les escaliers de secours sont rejetés à chaque extrémité. Les solutions de plafonds rayonnants acoustiques hybrides s’intègrent entre les poutres à la manière de tapis, sans gêner les cloisonnements ultérieurs.

La production de refroidissement est obtenu sans recourir à une production mécanique de froid grâce à un refroidissement « adiabate » “Adsolair – Refroidissement sans électricité” de Menerga conçu pour la récupération de chaleur et de froid, il utilise le système écologique de refroidissement sans électricité “adiabatique” consistant à évaporer de l’eau. Grâce au double échangeur de chaleur à flux croisés, l’appareil atteint des rendements de plus de 75%. Le refroidissement “adiabatique” permet d’obtenir une grande sensation de confort thermique, spécialement en été.

Enfin la performance énergétique globale de ce projet repose sur la combinaison de l’efficacité individuelle de ses différentes composantes: l’enveloppe, la structure, les systèmes de production et d’émission, la distribution, les récupérations et la régulation, permettant d’atteindre – 10% de la référence RT 2005.
La performance énergétique
Bien que la certification HQE n’ait pas été une exigence du maître d’ouvrage, le bâtiment remplit de nombreuses cibles HQE pour répondre aux exigences de confort des nouveaux métiers tertiaires. Cette démarche de développement durable est en effet une préoccupation constante de l’agence Jean-Baptiste Lacoudre.

L’objectif à atteindre consistait à se servir de la force et des qualités du bâtiment existant.
L’agence se refusait à rhabiller le bâtiment par une « isolation thermique par l’extérieur » qui aurait annulé la personnalité du bâti en béton apparent, ainsi qu’à rajouter des éléments « pluggés » qui auraient formé des « voilettes » ou encore à jouer sur un quelconque effet stylistique.

C’est donc en conservant les façades en béton apparent que le choix d’une isolation thermique par l’intérieur, les nouvelles menuiseries très performantes. Les toitures et la sous-face des pilotis ont été traitées afin de rationaliser les besoins en énergie, de réduire au maximum la demande en énergie et optimiser le confort d’usage.
Cette démarche s’est également appliquée sur le chantier (cible HQE niveau très performant), par une attention à la conservation des structures porteuses du bâtiment réhabilité, ce qui a permis de limiter l’impact du chantier en termes de ressources naturelles, d’émissions de CO2 et de nuisances pour les riverains.

Des bâtiments éco-performants grâce aux « plafonds rayonnants hybrides »
Ce bâtiment présente une « inertie thermique contrôlée » grâce aux dalles bétons laissées apparentes en plafonds. La dalle emmagasine les apports diurnes tandis que les « plafonds rayonnants hybrides » s’activent en complément dès que nécessaire. Les apports sont alors évacués directement par les activations des plafonds.

La fraîcheur est produite sans électricité, grâce à un système de refroidissement dit adiabatique. Les émetteurs de chaleurs sont également situés dans des plafonds rayonnants hybrides. Ils participent à la réduction de la dépense en énergie grâce à leur régime de température modérée et modulaire, et grâce à leur système de récupération de la chaleur et de la fraîcheur. Enfin la ventilation est basée sur un système double flux avec une récupération d’énergie de 70%.

Concernant la gestion de l’eau (cible HQE niveau très performant), des dispositifs économes permettent de limiter la consommation : régulateurs de débit, robinets mitigeurs, chasses d’eau à double commande.
Le confort acoustique et visuel est assuré grâce aux nappes micro-perforées des faux plafonds et par des façades vitrées, fortement isolées des bruits extérieurs routiers.
- Maître d’œuvre : Jean-Baptiste Lacoudre Architecture
- Maître d’ouvrage : Port de Paris
- Localisation : Paris, 75, France
- BET : GEC Ingénierie
- Bet HQE : OASIIS
- Acousticien : ACV
- Economiste : MDETC
- Date de livraison : Décembre 2012
- SHON : 2 535 m²
- Budget : 4 200 000 € HT







































