Bureaux du CG 44 à Nantes par Forma6

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Il y a tout juste un an les employés du Conseil Général de Loire-Atlantique prenaient place dans leurs nouveau bureaux rue Sully à Nantes. Issu d’un concours en 2006 opposant les cabinets nantais AIA, DMT associé à Tétrac, Forma6 et les cabinets parisiens Dominique Perrault et Saadi, c’est finalement l’agence aux six associés, Forma6 qu’est revenu la construction.

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Le projet s’implante à l’emplacement d’un ancien garage automobile, d’une maison bourgeoise et des locaux à vocation associatif. Ce site a également une histoire au sein de celle de Nantes, ce fut à cet emplacement que la première usine électrique fut construite. Il restait cependant peu de traces de cette usine si ce n’est l’ancien hall en pierre. L’architecte des monuments de France a d’ailleurs demandé aux architectes de conserver ce témoignage et si possible d’en restituer la volumétrie. En effet, pour les besoins du garagiste, ce hall avait été découpé.

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Cette pièce historique a été mise au centre du projet, pas seulement physiquement mais aussi du point de vue de l’organisation des locaux. D’autre part, elle reprend sa fonction principale, celle d’accueil. Elle est la rotule de toute l’organisation du bâtiment pour reprendre les mots des architectes. Outre ce vestige, une structure métallique de procédé Eiffel était installée en fond de parcelle. Cette structure dispose du droit à construire, sachant que la maîtrise d’ouvrage souhaitait un maximum de place, ce bâtiment a été réhabilité pour y abriter un service du Conseil Général. Seule une partie de ce volume est fermée, l’autre partie structure un jardin qui fait office de tampon entre les bureaux et cette annexe, c’est également un souhait des architectes pour mettre cette structure en avant dont ils jugent la technicité intéressante.

forma6-nantes-bureaux-cg44-9 © Forma6

Le bâtiment principal peut se décomposer en deux avec au nord des bureaux suivant un plan rectangulaire et au sud, des bureaux suivant la forme d’un L. Des panneaux en inox viennent envelopper le bâtiment et créer « une robe de mariée ». Il aurait été certes intéressant de travailler sur un motif global mais la contrainte budgétaire a conduit les architectes à réitérer un modèle unique. Ce motif est l’oeuvre de l’artiste Béatrice Dacher. L’idée de travailler avec cette artiste fut naturelle pour le cabinet qui la connait depuis presque plus de vingt ans. Dès la phase concours, les architectes ont souhaité collaborer avec elle grâce à son travail sur les tisseuses et les brodeuses, mais ce motif n’était pas encore définit au moment de remettre le dossier. Les architectes avaient des contraintes notamment en termes d’éclairage naturel ou de vues extérieures, c’est donc à partir de la trame fournit et de son repérage sur le site que Béatrice Dacher à créer ce motif. L’échange entre elle et les architectes s’est même prolongé pendant les travaux. Il s’en est suivi un modèle qui fut testé en soufflerie par le CSTB avec plusieurs contraintes notamment sonores.

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Ces bureaux sont distribués verticalement par le noyau du bâtiment délimité par l’ossature du hall. Ce noyau est également source de fantaisie avec une attention particulière portée aux cages d’escalier et d’ascenseur qui dissimulent une colonne de désenfumage pour le sous-sol qui fait office de parking. Cette rotule évite d’avoir une trop grande longueur de bâtiment ce qui aurait conduit à avoir une image imposante et massique du projet, seul le sous-sol est continu, le sol crée au niveau du trottoir est en béton sablé.

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Les bureaux suivent ensuite la façade avec des modules de raison de 1,35 mètre délimités par des cloisons modulaires. Des percées triangulaires en verre animent méticuleusement la façade. Le RDC accueille majoritairement des espaces communs comme salles de réunions, documentation, archives.

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Du point de vue environnemental, le bâtiment affiche une consommation de 62 kWh/m², on notera la présence de 150 m² de panneaux photovoltaïques en toiture, cette cinquième façade est également dotée de l’enveloppe en inox. La pente de l’acrotère suit celle de la rue, elle est ensuite relevée au niveau du noyau où elle dissimule les sorties des conduits de la chaufferie pour enfin reprendre la pente de la rue.

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La gestion de l’air se fait par l’intermédiaire d’une VMC double flux. Les menuiseries sont en triples-vitrages. Deux cuves enterrées de 7 500 litres permettent de récupérer une partie des eaux de pluies pour l’arrosage des espaces verts.

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Catherine Malleret et Xavier Bouanchaud, architectes associés de Forma6 commentent : « Sachant que l’objectif du maître d’ouvrage était une SHON à minima, le projet surutilise la règle urbaine pour créer une surface maximum, on peut donc dire qu’il est astucieux. En rupture formelle avec ses voisins de la fin du XVIIIème, il réutilise néanmoins leurs codes de composition : sous bassement, « piano nobile », étages courants, attique, corps central et avant corps, ailes, on peut donc dire aussi qu’il a du sens et est contextuel. La peau travaillée avec Béatrice Dacher nous semble élégante et judicieuse dans son contexte entre ville, espace vert et rivière, motifs repris sur la façade. Le travail de la lumière intérieure, du confort passif et de la modularité en fait aussi un bâtiment agréable à vivre et confortable tout en étant économe. Enfin, et en parallèle de ce qui est dit au-dessus, son implantation dans la continuité hyper historique et hyper sauvegardée de Nantes, le rend légèrement impertinent et audacieux ».

forma6-nantes-bureaux-cg44-16© Forma6

  • Maître d’oeuvre : Forma6
  • Maître d’ouvrage : Conseil Général de Loire-Atlantique
  • Localisation : rue Sully, Nantes, 44, France
  • Artiste : Béatrice Dacher
  • BET Structure : Arest
  • BET Fluides : Cabinet Hays
  • BET Acoustique : Acoustibel
  • Économiste : Techniques et Chantiers
  • Date de concours : 2006
  • Date de livraison : décembre 2010
  • Surface : 8 300 m²
  • Budget : 14 050 000 € HT
  • Photographe : Patrick Miara

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